A Ixelles, une location pour touristes pourrit la vie des voisins

A Ixelles, certains habitants de la rue Souveraine n’en peuvent plus! Depuis deux ans, une maison d’habitation est proposée à la location sur des plateformes d’hébergement touristique telles que Booking.com, Expedia ou Lastminute. Deux cents mètres carrés répartis sur trois niveaux, quatre chambres, deux terrasses et une grande salle à manger avec un billard au milieu. L’endroit serait, selon les voisins, très apprécié pour y organiser des fêtes familiales ou entre amis. Il y aurait parfois, jusqu’à trente convives.

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De son appartement, Catherine a une vue plongeante sur la terrasse de la maison en question. « C’est indescriptible. Le bruit de ces groupes qui rentrent de soirée ou qui font la fête à l’intérieur de la maison et la prolonge sur la terrasse qui donne sur nos jardins, devient insupportable« . Stéphane, un autre voisin raconte « Avant, nous n’avions aucun souci avec les anciens voisins. Aujourd’hui, il est presque impossible d’avoir un contact avec l’exploitant. Nous ne voyons que les fêtards »

En été, c’est la fête plusieurs soirs par semaine

De quels recours disposent les habitants de la rue Souveraine? Excédés par le bruit, ils ont appelé la police à de très nombreuses reprises. Après intervention, le calme revient brièvement mais recommence le lendemain puisque les vacanciers changent très fréquemment. Les services de l’urbanisme de la commune d’Ixelles relèvent que le bien est en infraction puisqu’en principe il s’agit une maison unifamiliale qui ne pourrait devenir un logement touristique qu’après un changement d’affectation. A ce jour, aucune demande de changement d’affectation n’a été formulée. « Elle serait de toute façon refusée », avertit Viviane Teitelbaum, l’échevine ixelloise de l’Urbanisme. Entre-temps, le dossier a été transmis au parquet mais aucun scellé n’a, pour le moment, pu être posé.

En attendant, la maison figure toujours bien sur les sites de locations touristiques.

Depuis l’an dernier, la région bruxelloise dispose, de son côté, d’une ordonnance qui règlemente l’hébergement touristique. Le texte précise que ce type de logement doit être enregistré et au besoin contrôlé voire sanctionné en cas de manquements constatés. Mais pour Alain Maron, député régional Ecolo, ce n’est que rarement le cas : « Nombre de personnes mettent en location via des plateformes comme AirB&B, Booking ou Expedia, sans faire aucune démarche. On est en pleine zone grise et la région n’a, ni les moyens de le savoir, ni de le contrôler, ni, le cas échéant, le moyen de le sanctionner »

Au cabinet du ministre-Président Rudi Vervoort, on nuance : environ huit personnes seraient affectées au contrôle, et plus de 500 dossiers ont été ouverts par la cellule inspection au cours des douze derniers mois.

Pour le moment en tout cas, la maison est toujours proposée à la location. Son prix peut atteindre 450 euros la nuitée. Et à ce prix-là, il y a peu de chance que le propriétaire ait envie de la louer à un bruxellois qui paierait un loyer mensuel, bien moins rentable.

Car c’est bien là, l’autre conséquence indirecte cette offre d’hébergement touristique à Bruxelles. Elle prive les bruxellois de nombreux appartements reconvertis en location de vacances et provoquerait une hausse du prix des loyers.

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