Régularisations urbanistiques

Bruxelles: scellés sur un immeuble offrant des hébergements touristiques illégaux

 L’échevin bruxellois de l’Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène, accompagné d’agents de la cellule Contrôle du département de l’Urbanisme, a posé des scellés, vendredi matin, sur un immeuble proposant des hébergements touristiques illégaux dans le centre-ville.

Plus de 1.500 logements sont supprimés du marché locatif de la Ville de Bruxelles au profit des hébergements touristiques renseignés via la plate-forme AirBnB. Ce nombre monte à plus de 6.000 pour l’ensemble de la Région.

Concurrence déloyale

Les taxes sont très faibles pour ce type de structure et cela crée une concurrence déloyale pour les hôtels et chambres d’hôtes, qui sont eux soumis à des taxations spécifiques, relèvent les autorités communales et régionales.

L’exploitation d’un hébergement touristique doit répondre aux conditions énumérées par l’ordonnance régionale du 8 mai 2014, rendue obligatoire par l’arrêté du 24 mars 2016. Ainsi, si quelqu’un désire exploiter une chambre d’hôtes dans sa propre habitation, il doit demander un numéro d’enregistrement aux bureaux de Bruxelles Economie et Emploi.

Difficile de se régulariser

Le propriétaire de l’immeuble mis sous scellés ce jour a essayé, comme beaucoup d’autres dans son cas, de se régulariser. La Ville explique qu’il n’est possible de changer l’affectation urbanistique pour transformer du logement en établissement hôtelier que sous certaines conditions, par exemple en rétablissant la même superficie de logements à proximité.

« J’ai acheté cet immeuble en 2014 avec mes parents« , raconte ce jeune propriétaire. « C’était alors un flou juridique. Quand les lois se sont concrétisées, j’ai introduit une demande de régularisation, mais elle n’a pas abouti car on ne peut pas louer des appartements entiers pour de courtes durées. Je vais devoir repasser en locations normales. »

Nuits à l’hôtel coûteuses

Les appartements sont loués 80 à 90 euros la nuit. Les annulations laissent ses clients désemparés face à une offre hôtelière classique jugée trop chère à Bruxelles, notamment à l’approche du salon Seafood.

À titre de comparaison, la ville d’Amsterdam déploie aujourd’hui une politique répressive en la matière. « J’encourage la Région de Bruxelles-Capitale à faire une action en justice contre Airbnb qui met sur une plate-forme des hébergements touristiques illégaux« , défend l’échevin. « Pour la Ville de Bruxelles, ça suffit. Pendant un an, nous avons informé le secteur et maintenant nous souhaitons passer à la vitesse supérieure. C’est la tolérance zéro. (…) Aujourd’hui, on pourrait considérer que les Airbnb sont les marchands de sommeil 2.0« .