Urbanisme

La commune de Tubize est-elle juge et partie dans un dossier de centre paramédical?

Le centre « Kinéline » est un complexe privé, dont une piscine est aussi utilisée par certaines écoles de la commune. Selon un riverain de ce complexe, les gérants du site ont été verbalisés en 2016 par la Région wallonne pour diverses infractions urbanistiques.
Ils ont dû payer 25.000 euros. Une transaction pénale que le Collège échevinal avait tenté de réduire à 2.000 euros.

D’après le plaignant riverain, Fabian Charles, le Collège a réinterprété l’infraction à sa manière pour réduire l’amende régionale infligée au gestionnaire privé. « On a beaucoup évoqué dans la presse le rôle qu’aurait pu jouer des hommes politiques dans le dossier du Kazakhgate, dans le cadre d’une transaction pénale. Ici, avec Kinéline, on constate que c’est l’échevin de l’Urbanisme lui-même qui a rédigé le rapport de la commune dans le cadre de la transaction pénale, à la place de l’administration. C’est légal mais cela pose quand même question en termes de séparation des pouvoirs. »

Selon le riverain, le Collège se montre complaisant à l’égard des gérants, car la piscine privée de leur centre de kinésithérapie accueille aussi des écoles communales.

De son côté, l’échevin de l’Urbanisme, Pierre Pinte, n’y voit pas de conflit d’intérêt. « Ici, vous ne pouvez pas objectivement savoir que la société Kinéline allait remettre offre dans le cadre d’un marché public qui n’existait pas au moment où le permis a été rédigé. Lorsqu’une piscine est à usage privée, cela implique un certain nombre d’autorisations, plus légères que si cette piscine est accolée à des activités de nature professionnelle. Il a donc fallu adapter à la nouvelle utilisation des lieux. »

« Quelques classes des écoles de l’entité y vont. Je ne vois pas vraiment où est le problème…« , poursuit Michel Picalausa, échevin de l’Enseignement.

Du côté du gestionnaire privé, no comment ! S’il décroche son nouveau permis, il devra régulariser sa situation dans un délai de cinq ans.

A noter que le riverain, Fabian Charles, qui intervient à titre privé (et non en sa qualité de journaliste), est menacé de poursuites judiciaires – pour diffamation – par certains membres du Collège.

RTBF.be